IMMERSIONS DES SALMONIDÉS

sommaire

 

Transport

 Véhicule-vivier : camion ou remorque équipés de cuves et d'un dispositif d'oxygénation permanente de l'eau pour la respiration des poissons

En général, de l'oxygène pur est diffusé en bulles très fines dans le fond des cuves. Pour une même quantité de gaz, plus les bulles sont petites et plus la surface d'échange des bulles avec l'eau est élevée et meilleure est la dissolution.

L'oxygène se dissout mieux dans l'eau par basse température alors que le besoin des poissons est plus important par température élevée.

Pour des alevins représentant un très faible poids, on peut effectuer le transport dans des sacs plastiques remplis moitié d'eau et moitié d'oxygène. Mais attention ! cette option doit être réservée aux distributions rapides. Par ailleurs, en cas de crevaison, l'eau et l'oxygène sortent du sac qui ne renferme plus que les animaux ; c'est la pire des situations pour eux...

 Lorsque l'éleveur assure la livraison, il assume la responsabilité de la vie des poissons mais, en cas de forte chaleur, il ne pourra pas faire de miracles.

 

Distribution en bassines

 Les véhicules accèdent plus ou moins près de la rivière si bien que la dernière phase du transport s'effectue en bassines.

Dans une bassine, la quantité d'eau est limitée et l'oxygène dissous est très vite consommé. Dès que les poissons sont chargés, la distribution ne doit souffrir d'aucun retard. Surtout s'il fait chaud. Et pourtant, c'est le moment où le " viandard " de service commence à engager des palabres au lieu de s'occuper du bien-être des truites, attitude à contrecarrer énergiquement. Il va de soi que le programme de répartition a été prévu à l'avance par le responsable de l'association.

Une petite épuisette peu profonde est un outil pratique pour mettre la truite à l'eau ; on peut aussi la pousser hors de la bassine inclinée du revers de la main. Il ne faut jamais tenter de prendre une truite à pleine main et de la serrer car elle y perd son mucus et de nombreuses écailles ce qui est source d'infection et de mortalité (les écailles étant sous la peau, celle-ci est arrachée avec les écailles). Par contre, il n'y a pas de préjudice pour un poisson qui tombe de 2 m de haut dans l'eau.

 

Étalement des poissons

 Les truites ont besoin d'un territoire. Lors des immersions, elles doivent être en mesure d'en trouver un (trou, racines d'aulne, etc.) sans en être empêchées par un obstacle ou des sujets plus grands déjà présents. Plus la rivière est étroite et plus fine doit être la distribution : une par une pour des ruisseaux d'un mètre de large ; par 5 lorsque la rivière fait 5 m ; dans un étang, on peut tout mettre au même endroit.

En hiver, la nourriture est plus rare et on a intérêt à bien étaler les poissons ; plus tard en saison, la nourriture est plus abondante et ce principe peut admettre quelques entorses, surtout s'il fait chaud, auquel cas on a toujours intérêt à privilégier la rapidité de remise à l'eau.

 

Comportement à la mise à l'eau

 Après de longues minutes passées en bassines, les truites sont fatiguées par un manque plus ou moins prolongé d'oxygène, elles peuvent se laisser entraîner par le courrant sur quelques mètres, c'est normal. Il faut les laisser reprendre leur souffle avant d'affirmer qu'elles " dévalent ". Si une truite est couchée sur le fond, ne vous pressez pas et attendez 1 à 2 minutes avant de la titiller avec un bâton : elle reprend lentement une respiration normale. Une truite qui n'est pas blessée et qui remue ses ouies est vivante et le restera.

En cas de rives boueuses, veiller à ce que les poissons ne s'étouffent pas en piquant leur tête dans la boue car ils ne savent pas nager en arrière.

Sauf pollution ou manque notoire de nourriture les truites farios restent toujours dans la zone où elles ont été placées. Pour l'arc-en-ciel et le saumon de fontaine, espèces moins rustiques, non-indigènes, d'eaux plus froides et d'exigence différente pour leur nourriture, des comportements de déplacement sont parfois observés. Dans tous les cas, il est possible de s'en faire une idée en traçant les poissons avec des marques numérotées.