LE HÉRON CENDRÉ

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ce qu'il faut en savoir avant d'aménager un étang ou élever des truites

Caractères généraux :

1. un animal de zones humides mais pas vraiment aquatique : échassier, ses longues pattes lui permettent de marcher dans l'eau jusqu'à 40 cm de profondeur, mais il ne nage pas. Les pattes ne sont pas palmées.

2. son long cou à détente rapide lui permet d'atteindre un poisson depuis une berge située à 40 cm au dessus du niveau de l'eau.

3. une glande située au niveau des pattes secrète une odeur qui attire les poissons.

4. il dispose de 2 techniques de pêche :

- d'une détente rapide du cou et du bec il perce le poisson un peu en arrière de la tête et, si la proie n'est pas trop lourde, elle est lancée en arrière où elle agonise sur la berge ; si l'endroit est propice, une dizaine de poissons peuvent ainsi être sortis de l'eau dont un seul, en fin de pêche nourrira notre prédateur, le reste allant aux corbeaux ou aux rats ; les poissons trop gros restent dans l'eau, certains mourant d'infection au bout de quelques jours, les autres, après complet rétablissement conserveront une légère dépression à l'endroit de la blessure.
- attirant les poissons à l'aide de sa patte, il va les attraper "à pleine main" ; les proies qui s'échappent garderont sur les flancs une ou deux lignes d'écailles arrachées, source d'infection donc de mortalité ; parfois, en serrant fort, le héron va même jusqu'à enfoncer une griffe dans le ventre du poisson et là, c'est la mort certaine.

5. La taille d'un héron est d'à peine 2 kg (comme une poule) pour 1 m 30 d'envergure. Son appétit peut être estimé à environ 1 kg de chair par jour soit une demie vache par an.

6. Autrefois grand mangeur de limaces et autres animaux plus ou moins désirés dans les champs de culture, le héron était l'ami de l'agriculteur. Aujourd'hui, pesticides et mécanisation ont fait régresser considérablement sa nourriture traditionnelle et l'ont contraint à exercer sa pression sur le seul milieu aquatique. La loi, qui en interdit la destruction, ne le protège pas vraiment puisqu'elle ne préserve pas son habitat naturel mais elle condamne les rivières et les pisciculteurs à lui assurer déjeuner et dîner.

7. Aménagement des étangs :

- l'usage des fils et filets au-dessus de l'eau, s'ils permettent lorsqu'ils sont bien conçus l'activité quotidienne d'élevage, sont difficilement compatibles avec l'emploi de cannes à pêche.

- les fils et grillages en bordure de berge donnent de bons résultats lorsqu'ils sont sans fuite mais sont difficiles à entretenir (ronces...).

- en terrain d'argile dure, le plus simple est d'aménager à la pelleteuse des bords francs de telle façon que la berge surplombe l'eau de 50 cm et qu'au pied de la berge la profondeur soit tout de suite d'au moins 50 cm.

- en ruisseau et petite rivière, une végétation de rive à base d'aulnes maintient les berges et gène les hérons dans leur approche.